Le Marmandais a exprimé son désir de partir après la perte de la licence Pro Tour. Mais Pierrick Fédrigo est toujours sous contrat et ne peut pas le résilier. Fin de la polémique ?
Il a suffi que l'équipe vendéenne perde sa licence Pro Tour pour que des rancoeurs éclatent au grand jour. Mû par l'envie d'aller voir ailleurs, où l'herbe serait plus verte (?), Pierrick Fédrigo a interprété la relégation de Bbox Bouygues Telecom en Continental Pro comme l'opportunité de rendre caduque son contrat prolongé l'an dernier jusqu'à fin 2010. C'est là que réside la source de discorde entre le Marmandais convaincu de pouvoir se libérer de sa dernière année et Jean-René Bernaudeau, sûr du droit et des règlements.
« Je suis bien renseigné, par l'UCI, par mon avocat qui est catégorique, aucun contrat n'est lié à la licence Pro Tour mais à l'identité de l'équipe, insiste le manager de la formation vendéenne. Pierrick doit donc honorer sa dernière année de contrat. C'est tout. C'est le bon sens. On a discuté ensemble hier (mercredi). Et c'est très clair entre nous. De la même manière, je ne peux pas, moi, remercier tous les coureurs à qui ils restent un an de contrat sous prétexte que nous ne sommes plus dans le Pro Tour. Sinon, j'aurais bien des idées... On n'est pas dans le foot. Pierrick ne peut pas partir sans ma volonté. Et aujourd'hui, aucune équipe ne m'a proposé de racheter son contrat ou d'en discuter.
Si la formation Caisse-d'Épargne semble effectivement très intéressée par le profil de Fédrigo, l'intérêt de Saxo Bank s'est borné à une discussion informelle. Fédrigo n'a pas reçu de proposition ferme. Et aujourd'hui, le double vainqueur d'étape sur le Tour de France (2006 et 2009) se crispe sur les freins. « Je n'ai pas envie d'entretenir la polémique et de parler de tout ça, je suis en vacances, lance Fédrigo. Je me suis fait taper sur les doigts, après tout ce qui a été dit. » La direction de Bouygues Telecom n'a guère apprécié sa volonté de partir, exprimée dans le quotidien L'Équipe. « Il m'a dit qu'il n'avait jamais tenu ses propos, remarque Bernaudeau. Encore une fois, son contrat n'est pas lié à l'appartenance au Pro Tour, c'est une erreur d'interprétation. Pierrick a des valeurs, il est bien éduqué. Mais dans cette histoire, je crois qu'il a été mal conseillé. »
Vogondy en renfort ?
Son directeur sportif Didier Rous partage le même constat : « Pierrick est influencé par certaines personnes. Lui et Jean-René ont des torts partagés. Ils auraient dû se parler bien plus tôt, au lieu de s'éviter. C'est dommage. De toute façon, il n'y a pas de clause dans le contrat. Tout cela va rentrer dans l'ordre. » Bouygues Telecom vivra une saison déterminante pour son avenir en 2010. Car il faudra séduire un nouveau partenaire et convaincre sur le terrain sportif. « Ce qui nous arrive avec cette perte de licence Pro Tour, nous oblige à être encore plus rigoureux et volontaires, insiste Bernaudeau. Cela me donne des idées. »
Le recrutement restera-t-il circonscrit aux seules arrivées de Freddy Bichot et Anthony Charteau, alors que les départs de Sokolov, Belgy, Labbe et Martias sont acquis ? Bonnaire, Claude et Quemeneur sont toujours dans l'attente. Nicolas Vogondy est libre et plaît à Didier Rous. Le double champion de France est également courtisé par Bretagne-Schuller. À qui il doit donner une réponse, dimanche, à l'issue du Tour de Vendée.
Source site Ouest France